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Pierre-Philippe Coupard

C'est la première fois que je visite votre site. J'ai décidé de vous raconter l'histoire de ma méningite, que j'ai contractée il y a très longtemps.

C'était le jour de mes 10 ans. Ma mère et mon père avaient organisé une petite fête et invité tous mes amis du voisinage. Mis à part que je commençais à couver un rhume, tout se passait très bien. On avait beaucoup de plaisir.

Plus tard dans la soirée, sans raison apparente, mes deux jambes se sont mises à enfler. J'ai commencé à vomir et avoir de la fièvre. Mes parents ont mis fin à la fête et m'ont transporté de toute urgence à l'hôpital de la région. J'ai commencé à délirer en raison de la fièvre. Je ne me souviens pas beaucoup de ce qui s'est passé sauf qu'un docteur s'est approché de moi avec une seringue menaçante (pour la ponction lombaire). Les résultats de mes tests montraient que j'avais contracté une méningite virale, une forme bénigne de la méningite. Plus tard, mes parents m'ont dit que j'avais été abattu par la fièvre pendant toute la nuit et une grande partie du lendemain. Mes jambes ont commencé à désenfler et ma fièvre a baissé.

Je suis tombé malade un vendredi et suis retourné à l'école le mardi suivant. Tout semblait normal pour mes parents. Ma fièvre s'était calmée. Mais j'ai commencé à percevoir un genre de sifflement constant comparable au bruit causé par le déplacement de la vapeur dans une conduite sous haute pression. Je ne savais pas ce que c'était. Pendant longtemps, je n'en ai jamais parlé à personne, pensant que c'était normal et que cela ne me dérangeait pas vraiment. Puis un jour, j'en ai parlé à un médecin qui m'a dit que j'avais des acouphènes. La méningite contractée quand j'étais petit m'avait probablement causé un déficit auditif. Je ne peux pas y faire grand-chose.

J'ai 27 ans. J'ai encore beaucoup d'acouphènes. En d'autres termes, je ne connaîtrai jamais le silence du reste de ma vie. Mais je les tolère assez bien. Durant la majeure partie de la journée, cela ne gêne pas. Comme je m'en suis bien tiré, je m'estime chanceux. Nombreux sont ceux qui ont des acouphènes et qui finissent par être très déprimés. Certains se suicident pour ne plus percevoir des sons. La bonne nouvelle cependant, c'est que d'après les résultats des épreuves auditives que j'ai subies récemment, mis à part les acouphènes, j'ai l'ouïe exceptionnellement fine, même plus fine que celle d'un enfant. Je m'en suis sorti indemne. Je peux me compter parmi les quelques personnes qui ont eu de la chance. Et je profite pleinement de la vie :-)