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Mon fils Patrick aurait eu 19 ans le 4 juillet 2007. Il est mort d'une septicémie à méningocoques le jeudi 26 avril 2007 à 2 h 20. Il s'est réveillé le mardi matin vers 9  h 30 comme tous les jours. Comme la plupart des adolescents, il ne parlait pas grand-chose et était renfrogné. Je lui ai dit que je devais sortir à 10 h et demandé si je pouvais déplacer sa voiture. Il a répondu alors qu'il sortait également et m'a demandé de l'attendre. Quelques minutes plus tard, il a déplacé sa voiture et m'a dit qu'il ne sortait pas. Il est monté comme d'habitude à l'étage pour se servir de l'ordinateur ou pour enregistrer de la musique dans sa chambre.

À mon retour, il dormait. Il était également normal qu'il se recouche. Il avait des cours du soir le lundi et rentrait tard. Un ami est passé je crois vers midi. Patrick a préparé quelque chose à manger. Son ami est resté un moment et quand il est reparti, Patrick s'est recouché. Il était environ 15 h. Quand je allée voir comment il allait, il m'a dit qu'il avait mal à la gorge et avait pris BenylinMC et qu'il était fiévreux. J'ai pris sa température, elle était de 103 oF. Je lui dis que nous devrions aller voir un médecin à l'hôpital. Il a refusé. Je lui ai posé les questions habituelles. Que ressens-tu? Où as-tu mal? Il dit qu'il avait mal à la tête. Dans mon esprit, j'ai pensé à une méningite. C'est la première chose à laquelle on pense quand les enfants ont mal à la tête. Je lui ai donné TylenolMC. Il a vomi. Il s'est recouché. À 17 h 30, alors que je préparais le souper, la hotte aspirante était en marche, j'ai entendu frapper au plafond. J'ai monté les escaliers quatre à quatre. Patrick était assis dans le lit. Il avait de la difficulté à respirer. Il avait mal quand il inhalait. Il était temps que j'appelle un médecin. Au moment de l'examen, il était déshydraté. Ses battements de cœur étaient rapides. Avec mon mari, nous l'avons amené à l'hôpital. Deux personnes attendaient avant moi.

Au bout de 15 à 20 minutes, on l'a appelé. Son état s'était aggravé pendant que nous attendions. Nous sommes entrés finalement dans la salle des urgences. Une seule personne pouvait rester avec lui. Je suis toujours la personne qui reste avec les enfants et cette fois je dis à mon mari de rester. (Pour l'instant, je n'ai pas mentionné la méningite à qui que ce soit. Cela m'est complètement sorti de la tête). Au cours des heures suivantes, tout s'est mêlé dans mon esprit. On lui a fait des radios, on l'a mis sous perfusion et sous oxygène. On lui a administré de la morphine et on lui a fait passer des analyses sanguines les unes après les autres. Personne n'avait la réponse. Les médecins savaient qu'il s'agissait d'une infection virale ou bactérienne. On a donc mis Patrick sous antibiotiques. À un moment, il a eu envie d'uriner. Il n'y parvenait pas. Il a pensé que c'était parce qu'il était sous perfusion intraveineuse et qu'il n'était pas dans un endroit privé. On lui a placé un cathéter, ce qu'il n'a pas trop aimé. Les médecins ont jugé qu'il n'urinait pas suffisamment compte tenu de tous les liquides qu'on lui donnait. Il avait froid et il n'avait pas de couverture. À un moment donné, il a bougé le cou et dit qu'il en avait assez de rester couché. Il ne pouvait pas bouger. Il avait mal partout. Les effets de la morphine s'épuisaient. C'était le seul médicament qui soulageait ses douleurs. L'administration de ce médicament devait être approuvée. On devait appeler le médecin qui l'avait prescrit. Apparemment la nuit, il n'y a qu'un seul médecin ou deux en service. On doit en appeler d'autres. La salle des urgences était pleine. Patrick était chanceux d'avoir un lit. Il y avait du monde dans les couloirs. Une personne est arrivée avec une blessure par balle. Il y a au moins six ambulances à l'extérieur. C'était dingue. Nous étions toujours là à l'heure du petit déjeuner et j'ai pris une pause.

À midi, commw son état n'avait pas changé, Patrick nous a ordonnés, mon mari et moi, de quitter l'hôpital. Cn'est que vers la fin de l'après-midi qu'on a su qu'il avait épanchement de liquide près du coeur. Mais on allait régler le problème. On l'a amené au service de cardiologie. Malheureusement, on a jugé qu'on risquait de lui perforer le cœur en essayant de résorber l'épanchement. On a donc rien fait. Un spécialiste des maladies infectieuses est venu voir Partrick et a ordonné d'autres analyses sanguines. On lui a posé un autre bidule dans le bras au cas où d'autres d'autres prises de sang seraient nécessaires. Patrick avait subi une colonoscopie une semaine auparavant. On lui a fait subir d'autres tests pour savoir s'il avait subi d'une perforation au côlon. Les tests ont été négatifs. Le médecin que nous avons vu au début est très préoccupé et inquiet. On ne nous a pas permis de rester avec Patrick dans le service de cardiologie. On donc attendu dans une autre salle. Peu de temps après, on a demandé à Patrick s'il acceptait que nous allions à la maison chercher quelques effets. Il était d'accord. Nous étions de retour en moins d'une heure. C'était mercredi, il était alors 20 heures. Une partie de ma famille et deux amies sont restés à l'hôpital. Nos avons ramené mon fils aîné. On avait placé un autre tube à Patrick.

C'est la dernière fois qu'il nous a parlé. Je ne me souviens plus du temps que nous avons passé à l'hôpital mais il était maintenant clair qu'il s'agissait d'une méningite. (J'étais furieuse contre moi-même de n'avoir rien dit. Mais les médecins devraient en savoir plus. Pourquoi n'ont-ils pas vu ceci plus tôt ?). C'était une question d'heures. Patrick est mort jeudi matin.