La petite-fille de Fiona
Je vous raconte cette histoire parce que j'ai le sentiment que, si je peux sauver la vie d'un enfant en la racontant, cela en vaut la peine. J'aimerais corriger l'erreur selon laquelle si un enfant mange et boit encore, c'est qu'il va bien. Toutefois, ceci n'était pas le cas de ma petite-fille Leyah.
En outre, le diagnostic des infirmières et des médecins n'est pas toujours juste. Je tiens à passer le message que c'est à vous, la famille, d'être persévérants si l'état de votre enfant se détériore. N'ayez pas peur d'insister pour que votre enfant voie immédiatement un médecin. Oui, les salles d'urgence sont surchargées et vous faites confiance à leur personnel, vous croyez qu'il sait ce qu'il fait. Vous pensez que la personne qui est arrivée en se tenant le côté est admise avant votre enfant parce que son cas est plus urgent que celui de votre enfant qui a une forte fièvre. Je suis ici pour vous dire que sans (mon obstination), ma petite-fille ne serait plus vivante aujourd'hui.
Voici ce qui est arrivé à ma très chère petite-fille Leyah au mois de mars 1999 :
Leyah a d'abord eu un rhume pendant deux jours. Le matin du troisième jour, elle a vomi abondamment. Elle n'a pratiquement pas bougé de toute la journée. Elle avait les yeux vitreux et était très sensible à la lumière, au bruit et au toucher. Vers 16 heures, la mère de Leyah (ma fille) me dit : «Maman, son état m'inquiète vraiment. Viens s'il te plaît à la maison et amène-la immédiatement à l'urgence. Elle est recouverte de points rouges. Elle a la peau grise et les lèvres pourpres - je pense qu'elle est en train de mourir ».
Quand je suis arrivée à la maison et que ma petite Leyah si pétillante n'a pas accouru à la porte pour m'accueillir, j'ai été prise de panique. Leyah était couchée sur le sofa et essayait de lever la tête dans ma direction mais n'y parvenait pas. Ses cheveux étaient trempés de sueur en raison de la fièvre. Nous l'avons alors habillée le plus rapidement et le plus délicatement possible. En arrivant à l'urgence, une infirmière l'a examinée et nous a dit qu'elle pensait que Leyah avait une pneumonie, en raison de sa forte fièvre. On nous alors demandé de nous asseoir dans la salle d'attente. Nous y sommes restées trois heures.
Leyah avait la diarrhée et la troisième fois que je lui ai changé sa couche, j'ai remarqué que les petits points ressemblaient maintenant à des ecchymoses. Elle essayait encore de marcher, mais ne pouvait faire qu'un pas ou deux avant de s'effondrer. Nous l'avons alors ramenée au poste des infirmières et avons dit à une autre infirmière que l'état de Leyah s'était détérioré. On nous a amenées directement voir le médecin qui a diagnostiqué très rapidement une « forme de méningite », et nous a dit qu'il devrait effectuer une ponction lombaire en raison de la gravité de l'état de Leyah et qu'elle risquait de ne pas passer la nuit. Son état était si grave que l'infection avait atteint les terminaisons nerveuses, uniquement pendant les trois heures que nous avions passées dans la salle d'attente. À ce moment-là, Leyah était morte à 99,9 %. On lui a fait des intraveineuses aux deux mains et aux deux pieds pour lui inoculer le plus rapidement possible des antibiotiques.
Ma fille, Joanne et moi étions effondrées. J'ai dit à Joanne que Leyah était maintenant dans les mains de Dieu et qu'il ne nous restait plus qu'à prier. On nous alors informées qu'un autre hôpital envoyait une ambulance mais qu'avant qu'on puisse la transporter, on devrait stabiliser sa tension artérielle. On ne l'a montée dans l'ambulance que quatre heures plus tard. Les quelques minutes suivantes ont été les pires moments de notre vie. Il y avait dans l'ambulance douze personnes provenant des deux hôpitaux : personnel paramédical, infirmières, médecins, pédiatres, spécialistes des maladies infectieuses. On nous dit qu'il n'y avait pas assez de place dans l'ambulance pour nous. Tout cela était très angoissant.
Nous étions là sans pouvoir rien faire en les regardant monter dans l'ambulance ce petit corps frêle couché sur un grand brancard. Leyah était couverte d'intraveineuses, d'oxygène, de moniteurs cardiaques, de tubes et d'un cathéter. C'était triste à voir et je ne l'oublierai jamais. Nous étions paralysées par la crainte de savoir si oui ou non elle serait encore vivante quand nous arriverions à l'autre hôpital.
Leyah a été transportée à l'unité d'isolement et de soins intensifs où je l'ai veillée les cinq jours suivants. Le personnel de l'hôpital avait fait tout ce qu'il pouvait pour elle, c'était maintenant à elle de faire le reste. Les 24 premières heures sont décisives, elle y est parvenue. Le deuxième jour, il n'y a pas eu de changement dans son état. Le troisième soir, son état s'est amélioré légèrement et ses organes vitaux ont commencé à fonctionner à nouveau. L'infirmière m'a dit qu'elle lui donnait une chance de 75 % de s'en sortir, tout en précisant qu'elle pourrait avoir une rechute à n'importe quel moment et redescendre la pente très rapidement. Leyah n'était pas encore sortie d'affaire. Son état a continué à s'améliorer au cours des jours suivants et le cinquième soir, elle a été transférée des soins intensifs à une salle commune. Elle était maintenant officiellement hors de danger.
Le septième jour, elle a été renvoyée chez elle dès qu'on lui a enlevé sa dernière intraveineuse. Le personnel de l'hôpital l'a appelée un bébé miracle, parce qu'elle n'est pas meurtrie hormis quelques cicatrices qui ressemblent à des brûlures de cigarette. J'étais très inquiète de la ramener à la maison en raison de sa pâleur cadavérique et j'avais peur qu'elle rechute, mais une infirmière m'a assurée qu'elle irait mieux. Cette fois-ci, l'infirmière a eu raison !