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Histoire d’Ernes

Voici l’histoire de mon frère aîné Ernest Kobby Adjei, 27 ans, né à Accra, au Ghâna. Ernest a obtenu un diplôme de premier cycle en mathémathiques à la Kwame Nkrumah University of science and technology de Kumasi-Ghâna, en 1999. Il a commencé son service militaire obligatoire au NTHC en 2000, à titre de professeur adjoint. En août de la même année, il a été admis à un hôpital de la localité (clinique Nyaaho d’Accra) en raison d’une pneumonie. La radiographie thoracique montrait une pleurésie. On lui a retiré six litres de liquide du côté gauche de la cage thoracique. Il reçu son congé et a été mis sous antibiothérapie. Pendant cette période, son état de santé n’était pas très encourageant.

En février 2001, Ernest s’est plaint de maux de tête intenses et persistants. Il était continuellement étourdi ; il a commencé à perdre du poids. Il est allé consulter son médecin. Incapable de diagnostiquer quoi que ce soit, celui-ci a ordonné un examen tomodensitométrique. Après cet examen, Enerst a tenté plusieurs fois de le revoir pour connaître les résultats. Mais il n’était jamais là. Après quelques jours, ma mère lui a conseillé d’aller en consulter un autre. C’est alors qu’il a été admis à la clinique SSNIT d’Accra où pendant une semaine environ les médecins ont tenté de trouver la cause de ses maux de tête intenses. On lui a fait subir toutes sortes de tests. Les résultats étaient tous négatifs. Dans l’intervalle, on l’a mis sous antibiotiques. Son état a continué de dégrader. Il est devenu incohérent et inconscient de ce qui se passait autour de lui. Il ne nous reconnaissait plus, nous, ses frères et sœurs. Six jours plus tard, voyant que son état s’aggravait, mes parents l’ont fait transporter à l’hôpital universitaire Korle-Bu d’Accra. On a diagnostiqué une méningite tuberculeuse. Il est resté dans le coma par intermittence à peu près deux mois.

En raison de la piètre qualité des soins infirmiers, Ernest a développé des escarres de décubitus (plaies de lit) de la taille de la main dans le bas du dos, à la naissance de fesses, de chaque côté des hanches et aux deux chevilles. Ses plaies sont devenues infectées par Pseudomonas, micro-organisme résistant à tous les antibiotiques connus. Incapable de manger, Ernest a été nourri par alimentation parentérale. Au bout de trois de mois d’hospitalisation, les médecins se sont rendu compte que son état s’aggravait et ont abandonné la partie ne sachant plus quoi faire. On pensait qu’il allait mourir. Mes parents avaient épuisé toutes leurs ressources financières. Ils étaient stressés non seulement par les difficultés financières mais aussi par l’incompétence des médecins et du personnel infirmier, qui avaient laissé Ernest déveloper des escarres sur presque toutes les parties du corps. Devant peu de changement de son état de santé et la réticence des médecins à poursuivre les traitements, mes parents ont demandé son congé de l’hôpital.

Ernest est revenu à la maison en avril 2001. C’est ma mère qui s’en occupe depuis. Grâce à l’aide d’un naturopathe, on a réussi à guérir toutes les escarres de décubitus. Mais mon frère n’a pas recouvré l’usage de ses jambes, qui sont repliées vers l’arrière. Il a subi trois interventions chirurgicales à l’arrière des genoux. Il arrive à faire un ou deux pas en portant des plâtres servant à les redresser. Mais dès qu’il les enlève, ses jambes se replient automatiquement. Il a suivi quelques traitements de physiothérapie. Mais en raison du fardeau financier et des douleurs intenses causées par ces traitements, Enerst ne fait plus aucun exercice approprié. Quand on touche à ses jambes ou les déplace, il souffre le martyre. Il n’arrive pas à dormir, comme personne d’ailleurs.

Ernest est confiné à son fauteuil roulant. Pendant son séjour à l’hôpital, il a complètement perdu la mémoire. Il en a récupéré une partie. Mais compte tenu de l’importance de sa perte, il ne se souvient plus des événements importants de sa vie, comme l’obtention de son diplôme universitaire en 1999. Il ne se souvient pas des événements antérieurs ou postérieurs à février 2001. En d’autres termes, des événements les plus importants de sa vie. Il y a maintenant trois ans que mon frère est tombé malade. Il a subi tant de traumatismes et enduré tant de souffrances inutiles. Il n’a plus jamais remarché après son hospitalisation en février 2001. Il a lutté même si les médecins ont abandonné la partie et jugé qu’il mourrait. Mon frère continue de lutter pour revenir à une vie normale.

Ernest a besoin d’aide. Il pourrait recouvrer la mémoire et l’usage de ses jambes s’il recevait une aide financière et avait accès à de bons services de rééducation. Dans mon pays, il n’existe de bons établissements de rééducation. Nous croyons, nous sa famille, qu’il pourrait remarcher s’il avait accès à des ressources à l’étranger. Nous accueillerions chaleureusement toute forme d’aide de la part d’un organisme ou d’un hôpital qui désiserait lui donner une chance de remarcher et recouvrer la mémoire. Aidons-le à se refaire une vie et à réaliser ses rêves. À l’heure actuelle, sa vie est à un point mort. Avant de tomber malade, Ernest voulait reprendre ses études pour obtenir sa maîtrise en science actuarielle. Tout hôpital, philanthrope ou organisme qui désirerait s’occuper de son cas est prié de joindre

Monsieur(Madame) Ernest Adjei

Boîte postale AN 12665

Accra-Nord

Accra (Ghâna)

Nº de tél. : 23321 306736


Courriel : etadjei@yahoo.com ou trulove4me@hotmail.com