Du 12 au 20 juin 2000 - Une semaine que je n’oublierai jamais
J’ai commencé à me sentir mal le dimanche soir. J’ai dit à ma mère que j’avais mal à la gorge. Comme je devais donner une présentation scientifique devant ma classe de 8e année le mardi suivant, ma mère a cru que j’avais autre chose. Le lundi, ma mère m’a envoyée à l’école. J’ai eu mal au cœur pendant toute la journée. À mon retour à la maison, je me suis couchée en ayant réellement envie de vomir. En me levant le lendemain, je me suis rendu compte de quelque chose d’anormal. Je n’arrivais plus à tourner la tête, ni d’un côté ni de l’autre, ni à me toucher la poitrine. Je suis sujette aux migraines. Mais celle-là, elle était terrible. Comme je faisais 102 º F de température, j’ai cru que j’étais malade. Je suis restée au lit toute la journée. À midi, j’ai commencé à ressentir des douleurs à l’estomac qui se sont aggravées peu à peu jusqu’à ce que je devienne incapable de m’asseoir. Ma mère a appelé le 911 et on m’a transportée à l’hôpital. Les médecins m’ont fait subir toutes sortes de tests, qui ont tous été négatifs. L’un d’entre eux m’a dit qu’en raison de l’intensité de mes douleurs, il fallait me faire une ponction lombaire. Après avoir rassuré mes parents inquiets, le médecin m’a fait une ponction lombaire. On a été soulagé d’apprendre que les résultats étaient négatifs. Mais mes douleurs étaient si intenses que mes parents ne pouvaient pas croire que j’avais tout simplement contracté un virus. Le médecin a fait venir un chirurgien qui a affirmé que je n’avais rien d’anormal. Finalement, il a fait venir un spécialiste des maladies infectieuses, qui allait être notre sauveur. Sans lui, je ne serais plus vivante aujourd’hui. Ce spécialiste m’a dit que si cela pouvait me rassurer, je pouvais passer la nuit à l’hôpital, ce que j’ai accepté de faire. Il était environ minuit lorsqu’on nous a installés dans une chambre du service de pédiatrie. Vers quatre heures du matin, je suis tombée dans le coma. Comme je n’avais plus aucune réaction, on a fait venir un médecin qui a tenté de me réveiller. Pour une raison que j’ignore, celui-ci a soulevé ma jambe gauche. Ce mouvement a déclenché une réaction et j’ai commencé à vomir partout. Il a fallu l’aide de six infirmières, du médecin et de mon oncle pour qu’on réussisse à me garder en position couchée. Le lendemain matin, on m’a fait une autre ponction lombaire dont les résultats ont été positifs. J’avais contracté le méningocoque.
Je suis restée trois jours dans le coma, à l’unité des soins intensifs. Lorsque j’en suis sortie le samedi, on m’a placée dans une chambre du service de la pédiatrie. J’ai commencé à me rendre compte que j’avais frôlé la mort et que j’étais bien chanceuse d’être encore en vie. Je suis sortie de l’hôpital le mardi suivant, avec une perfusion intraveineuse dans le bras. Le jeudi matin, comme j’étais recouverte d’eczéma causé par le médicament; il a fallu interrompre la perfusion.
Voilà un mois que cela s’est produit. Je suis sur la voie de la guérison. Mais je souffre encore de certaines séquelles. Je perds mes cheveux à cause du stress causé par la méningite. Mais cela va s’arranger. Mes ponctions lombaires me causent encore des douleurs au dos. Parfois, je me sens perdue et je n’arrive pas à me concentrer. On continue de me dire combien je suis chanceuse d’être encore vivante. Je chéris la vie maintenant. Je vis un jour à la fois, du mieux que je peux parce qu’on ne sait jamais quand on peut la perdre.
Denise Ganier, 14 ans