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Histoire de Dawn Nicole Mac Angus

Le jeudi soir, à 18 heures, je suis allée chercher Dawn à son travail chez McDonald, parce qu'elle ne se sentais pas bien et que son patron la renvoyait à la maison. Sur le chemin du retour, je lui ai dit que je ne lui permettais pas d'aller à l'école le lendemain. Comme elle adorait l'école, elle était fâchée contre moi. Le vendredi 3 février, Doug l'a amenée à la clinique sans rendez-vous All-Well et a consulté la docteure Judy Schiek. Ce médecin lui a dit qu'elle était grippée. Doug a dit que Dawn avait beaucoup vomi cette journée-là et qu'elle était restée collée à lui. La docteure a assuré Doug que Dawn irait mieux. Il lui a demandé de la ramener à la maison et de lui donner une sucette glacée.

À son retour à la maison, à environ 18 heures, Dawn s'est plainte de maux de tête et nous a dit qu'elle ne se sentait pas bien. Je lui ai donné des comprimés de Tylenol. Dustin est sorti lui acheter une bouteille de 7 Up. Elle s'est étendue sur le canapé, je lui ai donné une couverture et elle a regardé la télévision. Elle s'est assoupie. Elle s'est levée plus tard et a vomi de nouveau. « Si tu es encore malade, demain, lui ai-je dit, je l'amènerai voir le médecin ». Mais Doug m'a rassurée en me disant qu'il l'avait déjà amenée à la clinique. Vers minuit, j'ai commencé à la laver avec un linge mouillé pour faire baisser sa fièvre. Elle et moi sommes couchées dans son lit. Elle m'a dit : « Maman, tu es vraiment la meilleure des mamans ». Je lui ai répondu que je l'aimais et que je pensais qu'elle était la meilleure des filles. On a bavardé un peu comme cela.

À quatre heures du matin, j'ai dit à Dawn : « Je pense que tu n'as plus de fièvre. Je vais aller dormir quelques heures.» Je suis donc retournée me coucher dans notre lit. À peu près un demi-heure plus tard, j'ai entendu un bruit. Dawn s'était levée, avait essayé de marcher et était tombée. Je lui ai demandé si elle se sentait bien. Elle m'a répondu non et m'a dit qu'elle voulait prendre un bain. Elle a commencé à ramper jusqu'à la salle de bains, puis s'est retournée sur elle-même. C'est à ce moment que j'ai vu qu'elle avait cinq petits points violets sur la poitrine. J'ai tout de suite compris qu'elle avait contracté une méningite.

Je me suis souvenue de l'histoire de Ryan, qui était mort à 17 ans, le 10 janvier 2000. J'ai crié après Doug, je suis descendue et j'ai réveillé Dustin. Je n'arrivais pas à lever Dawn toute seule, On l'a amenée à l'hôpital. En y arrivant, je me suis précipitée sur un fauteuil roulant. Je n'ai pas attendu qu'un infirmier vienne m'aider. Je suis retournée en courant vers la camionnette et j'ai dit à l'infirmier que ma fille avait des points violets. On m'a dit d'entrer dans la salle des urgences. Il y avait un autre patient qui attendait. On a dit qu'on devait s'occuper de ma fille en premier. Le couple a accepté de nous laisser passer. J'avais la tête qui tournait. On l'a déshabillée. On lui a donné des médicaments et on m'a dit qu'elle était très malade. Mais comme on l'avait amenée à l'hôpital à temps, on allait la sauver. Dawn se plaignait d'avoir mal aux pieds et aux chevilles. Je me suis levée pour aller l'embrasser mais on m'en a empêchée. On lui a administré un puissant sédatif, puis on l'a préparée pour être transportée à University of Alberta Hospital.

J'ai téléphoné à Karen et lui ai demandé de prier. Doug a téléphoné à mes parents et on a attendu que Dawn soit prête pour son transport. On nous a dit de les joindre là-bas. J'ai demandé si le pouvais monter dans l'ambulance. On m'a dit non parce qu'il n'y avait pas assez de place. Le lundi matin, on nous a demandé de signer des papiers pour les autoriser à pratiquer une dérivation. Mais par miracle, cette intervention n'a pas été nécessaire. Une fois encore, on a pensé qu'on sauverait ma fille. Malheureusement, son état s'est encore détérioré. Toute la semaine, il était resté stable. Puis, tout à coup il s'était aggravé. Je suis allée à la chapelle un jour, puis j'ai ouvert la bible pensant y trouver de l'espoir. J'ai téléphoné à Risa qui est venue masser Dawn. Puis, on lui a apporté un nouveau matelas pneumatique, qui est très coûteux. Le mercredi, on a relié ma fille à une machine d'hémodialyse. Doug et moi sommes revenus à la maison. Tante Raelene et oncle Rick sont restés à l'hôpital toute la nuit. Il n'y avait pas de chambre à coucher pour les pères à l'hôpital. Seulement une chambre pour les mères (trois lits minuscules). Peu importe. À 5 heures du matin, Danelle (la sœur jumelle de Shan) s'est levée et est descendue à la cuisine où je faisais du café. Elle avait d'intenses douleurs dans le bas du dos. Elle m'a dit qu'elle ressentait la douleur causée par la machine d'hémodialyse de Dawn. Les jumeaux ressentent ce type de choses. Je lui ai demandé si elle voulait venir à l'hôpital avec moi. Elle m'a dit OUI. Je m'apprêtais à monter les escaliers quand le téléphone a sonné. C'était l'oncle Rick qui m'a dit qu'il valait mieux que je vienne.

On avait diagnostiqué une légère hémorragie cérébrale chez Dawn. Je suis allé réveiller Doug, et tous les trois, on est parti en direction de l'hôpital. Vers 10 heures le matin, on nous a appelés, Doug et moi. On a déclaré la mort cérébrale de Dawn. Mais il fallait attendre quatre heures pour qu'elle soit officielle. On a décidé de la débrancher quatre heures plus tard. J'ai ressenti une étrange colère qui m'a poussée à répandre la nouvelle. J'ai téléphoné à Bruce Hogel. Il était absent. Je lui ai laissé un message dans sa boîte vocale. J'ai téléphoné à John à SCTI pour l'informer de la situation. Il m'a demandé si j'avais fait venir un journaliste ou si je voulais qu'il vienne. Bruce a rappelé. L'infirmière m'a demandé si je connaissais quelqu'un de la CFRN. On était affolé à la perspective que mon histoire passe sur les ondes. On croyait que j'allais semer la panique dans le public.

Un soir, une infirmière m'a appris que c'était le quatrième cas de méningite qu'on avait recensé au cours des derniers mois, dans un pâté d'une vingtaine de maisons. Elle n'aurait peut-être pas dû m'apprendre cela. Tant pis. Je lui ai dit que je connaissais personnellement Bruce Hogel, que j'estimais capable de raconter mon histoire d'une façon professionnelle. Cathy Hudson avait eu vent de mon histoire. Elle est passée me voir. Elle m'a demandé ce qu'elle pouvait faire. Je lui ai demandé de joindre les médias le plus rapidement possible. Personne de ma famille n'a compris l'urgence d'alerter les médias. Mais personne ne savait quoi faire ou dire. Je venais tout juste de perdre mon enfant. Je me souviens des caméras, des reporters, etc. Un dimanche matin, j'ai dit à Doug que j'en avais assez. Il m'a répondu que ma stratégie avait porté fruit. On était en train de vacciner les ados. Mais ce n'était pas ce que je voulais. Je voulais que tout le monde soit vacciné. J'avais deux enfants qui n'appartenaient pas à cette catégorie d'âge. Je ne pensais pas être capable, sur le plan affectif, de revivre cette tragédie. Doug et moi sommes allés enregistrer un organisme venant en aide aux parents d'enfants victimes de la méningite. On n'en avait pas trouvé.

Deidrie MacAngus